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Sécurité sociale : qui en profite vraiment ?

16/04/2026 | FR / NL

Depuis plusieurs mois, le discours est martelé : les bénéficiaires de la sécurité sociale seraient des « profiteurs ». Demandeurs d’emploi, malades de longue durée, travailleurs à temps partiel… tous sont progressivement pointés du doigt. Mais cette lecture correspond-elle à la réalité ? Ou masque-t-elle d’autres mécanismes, beaucoup moins visibles ? 

Une stigmatisation des plus fragiles

Avec les réformes actuelles, toute situation d’“inactivité” est suspectée. Être sans emploi plus de deux ans, travailler à temps partiel ou rencontrer des problèmes de santé devient rapidement synonyme de coût pour la société.

Cette vision occulte pourtant une réalité essentielle : le marché du travail n’offre pas toujours suffisamment d’emplois, ni des emplois de qualité accessibles à toutes et tous.

Plutôt que de s’attaquer aux causes structurelles, le discours dominant préfère désigner des responsables. 

Une sécurité sociale détournée de son rôle

Prenons l’exemple du chômage temporaire.

Utilisé massivement durant la crise du Covid, il a permis aux entreprises de conserver leur main-d’œuvre sans devoir assumer le coût des licenciements. Ce mécanisme a joué un rôle d’amortisseur économique. 

Résultat : les entreprises réduisent leurs coûts, tandis que la sécurité sociale prend en charge une partie de la facture.

La sécurité sociale, conçue comme une assurance collective des travailleurs, se transforme progressivement en outil de gestion pour les entreprises. 

Maladie : une responsabilité à sens unique

Les malades de longue durée sont également dans le viseur. Sur base d’études partielles, certains discours laissent entendre qu’un grand nombre d’entre eux pourraient reprendre le travail. Ces conclusions sont pourtant tirées d’échantillons limités et peu représentatifs.

Dans la réalité :

  • les contrôles existent déjà 
  • les parcours de réintégration sont renforcés 
  • mais les postes adaptés restent trop rares 

Trop souvent, les travailleurs qui souhaitent reprendre une activité se heurtent à un refus de l’employeur d’aménager leur poste.

Conséquence : le parcours de réintégration débouche sur un licenciement pour force majeure médicale.

Résultat : le travailleur est exclu, et le coût est transféré vers la sécurité sociale. 

Des entreprises de moins en moins contributrices

Parallèlement, le financement de la sécurité sociale s’érode. Les réductions de cotisations patronales représentent aujourd’hui plus de 15 milliards d’euros par an.

Ce choix politique a un double effet :

  • une diminution des recettes 
  • une pression accrue sur les dépenses 

La sécurité sociale est ainsi fragilisée de l’intérieur, tout en étant accusée de coûter trop cher. 

Des réformes qui aggravent les inégalités

Les réformes des pensions s’inscrivent dans cette même logique.

Elles entraînent :

  • une baisse des pensions 
  • une augmentation des inégalités 
  • une hausse du risque de pauvreté 

La sécurité sociale tend à devenir un filet minimal, de plus en plus éloigné de son principe fondateur : une solidarité basée sur le travail et les cotisations. 

Une sécurité sociale adaptée aux besoins d’aujourd’hui

Les besoins sociaux évoluent : vieillissement de la population, précarité accrue, difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Dans ce contexte, affaiblir la sécurité sociale est un non-sens.

Au contraire, il faudrait :

  • un refinancement 
  • un renforcement des droits 
  • une meilleure prise en compte des réalités du terrain qui sont nécessaires. 

Mais répondre à ces nouveaux besoins suppose aussi de poser la question de la responsabilité des employeurs. On exige toujours plus de flexibilité des travailleurs, sans créer les conditions qui permettent réellement de concilier travail et vie privée.

Si la flexibilité devient la norme, elle doit aussi être financée. Appliquer une logique de « pollueur-payeur » au travail, c’est faire en sorte que les entreprises qui profitent de la flexibilité contribuent davantage au financement de solutions collectives comme l’accueil de l’enfance et la prise en charge des personnes âgées.

Renforcer la sécurité sociale, c’est donc aussi l’adapter aux réalités d’aujourd’hui, en garantissant des moyens à la hauteur des besoins, et en rééquilibrant les responsabilités entre travailleurs et employeurs. 

Alors, qui profite réellement ?

Les travailleurs privés d’emploi ? Les malades sans solution de reprise ?
Ou les entreprises qui cotisent moins, utilisent la flexibilité à moindre coût et externalisent les risques ?

La question mérite d’être posée. 

Se mobiliser pour défendre notre modèle social

Les choix actuels ne sont pas une fatalité. Ils relèvent de choix politiques.

Face à cela, la mobilisation reste essentielle. Une autre société est possible et elle est payable !

Le 12 mai, une nouvelle journée d’action est organisée à Bruxelles car nous ne paierons pas la facture une nouvelle fois !

La sécurité sociale appartient aux travailleurs. Et elle doit rester un pilier de solidarité, pas une variable d’ajustement.