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L’extrême droite progresse : comprendre pour mieux résister

31/03/2026 | FR / NL

L’extrême droite n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, ces dernières années, elle semble gagner du terrain, s’installer dans le paysage politique et, surtout, banaliser ses idées bien au-delà de ses propres rangs.

À l’occasion de notre Comité fédéral, nous avons souhaité prendre le temps de comprendre cette évolution. Pour cela, nous avons accueilli Benjamin Biard, politologue et chercheur au CRISP, venu apporter un éclairage essentiel sur ce phénomène. Car pour lutter efficacement, il faut d’abord comprendre.

Les éléments fondamentaux de l’idéologie d’extrême droite

Quand on parle d’extrême droite, on pense souvent à certains partis politiques. Mais la réalité est plus large.

Comme le rappelle Benjamin Biard, l’extrême droite repose sur trois éléments fondamentaux :

  • une vision profondément inégalitaire de la société ;
  • un projet nationaliste de société ;
  • un programme d’action radical qui met sous tension la démocratie.

« C’est une idéologie qui met sous tension la démocratie, soit par des rapports violents à la société, soit en remettant en cause l’état de droit et les droits humains. » nous explique Benjamin Biard. 

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’un courant politique parmi d’autres, mais bien d’un projet de société qui fragilise les bases mêmes de la démocratie.

Une progression de l’extrême droite 

Si l’extrême droite progresse dans de nombreux pays, ce n’est pas un accident. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique.

D’abord, un contexte de crises multiples : économiques, sociales, migratoires ou sécuritaires. Ces situations alimentent les peurs et peuvent rendre certains discours plus attractifs.

Ensuite, une crise de la démocratie représentative. De plus en plus de citoyens se sentent éloignés des institutions, ce qui ouvre un espace que l’extrême droite tente d’occuper.

Cette progression est aussi le résultat de stratégies bien rodées : « Le recours aux fake news, les stratégies de dédiabolisation et de normalisation permettent à l’extrême droite de lisser son discours et d’attirer un électorat plus large. » ajoute le chercheur et politologue. 

Enfin, un élément central : la banalisation. Certaines idées, autrefois marginales, circulent aujourd’hui dans le débat public, parfois reprises ou tolérées par d’autres acteurs politiques ou médiatiques.

Le cordon sanitaire : un outil sous pression

En Belgique francophone, un mécanisme spécifique existe : le cordon sanitaire médiatique. Son objectif est simple : limiter l’accès en direct des partis d’extrême droite aux médias audiovisuels. Ce dispositif a contribué à maintenir ces partis à la marge. Mais aujourd’hui, il est contourné.

Benjamin Biard nous explique l’utilisation des réseaux sociaux par l’extrême droite : « Les réseaux sociaux sont devenus une source d’information politique majeure, notamment pour les plus jeunes, et permettent à l’extrême droite de diffuser ses idées malgré ce cordon sanitaire. »

Cela signifie que la bataille ne se joue plus uniquement dans les médias traditionnels, mais aussi en ligne. 

Un enjeu central pour le monde du travail

Face à cette réalité, une question s’impose : pourquoi les syndicats doivent-ils se mobiliser ? La réponse est claire. 

Elle menace concrètement :

  • les droits des travailleurs et travailleuses ;
  • les protections sociales ;
  • la solidarité entre les personnes.

Ce n’est pas un hasard si le mouvement syndical, en Belgique, s’est historiquement positionné contre ces idées. 

Comprendre pour agir

La montée de l’extrême droite ne se limite pas à une progression électorale. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de banalisation et de diffusion de ses idées. C’est ce qui rend la situation particulièrement préoccupante. Car le combat ne se joue plus seulement contre des partis identifiés, mais contre des idées qui s’installent progressivement dans le débat public. Face à cela, rester passif n’est pas une option.

Informer, analyser, déconstruire : ce sont des étapes indispensables pour construire une réponse collective. C’est un combat qui nous concerne toutes et tous.